samedi 26 octobre 2013

Extraits du discours du Lt Marcel VERNET, président de l’amicale des anciens du 14ème Zouaves, le 11 octobre 1986 à Lyon, sur l’histoire du régiment *


« Le 14e régiment de Zouaves est mis sur pied à Lyon à la mobilisation de 1939. Il est constitué de réservistes du 99ème R.I.A. Il est encadré par des officiers et sous-officiers de réserve dont la majorité sont des enseignants exerçant dans la région lyonnaise.
Le 9 septembre le 14RZ quitte Lyon pour la Lorraine. Après une courte période d’instruction en arrière de la ligne Maginot, il séjourne dans la zone de Creutzwald en Moselle où lui est confié la garde d’une portion de la frontière nationale. C’est la période des patrouilles, des coups de main, des échanges de tirs d’artillerie dans le froid, la boue, le mauvais temps. Après 2 mois d’avant- poste le régiment gagne la banlieue de Saint Quentin, pour y parfaire son instruction, puis en janvier 1940 il gagne Sains du nord pour tenir une partie de la ligne de fortifications. Ici le drapeau sera présenté au régiment, drapeau qui devait être brûlé le 29 mai 1940 pour ne pas tomber aux mains de l’ennemi.
Le 10 mai 1940 éclate le coup de tonnerre de l’attaque allemande à l’ouest. Soit à pieds, soit en cars, le 14RZ avance sur le sol belge jusqu’au-delà de Namur, puis c’est la défense du canal de Charleroi, et l’ordre de repli arrive. Celui ci a lieu dans des conditions invraisemblables, de nuit, avec de très longues étapes ».
Extraits du livre du colonel Gérard GALTIER
« Le 14ème Zouaves dans la campagne de 1939-1940 » - Editions Berger-Levrault 1949
La cinquième DINA repasse alors la frontière française le 20 mai, alors que les Allemands sont déjà à la mer. Le 14e zouave est isolé des forces françaises. Le 14e Zouaves est encerclé de toutes parts.
La journée du 24 mai voit le 14e attaqué par des STUKAS, subit des pertes, de même qu’un tir précis de 77 à l’aube du 25 qui est meurtrier. C’est alors la remontée vers le nord, pied à pied, sur le canal De FERIN, au sud de DOUAI. Il arrête alors pendant deux jours la poussée ennemie.
Le 27 mai le troisième bataillon résiste à l’ennemi sur le flanc est de la poche, le premier et le deuxième attaquent vers l’Ouest pour dégager le passage, les zouaves tombent nombreux et le résultat escompté n’est pas obtenu. Sans cesse de nouveaux renforts allemands arrivent.
Le 14e ne pourra pas rejoindre la mer.
Le 28 mai le troisième bataillon est attaqué dans Seclin et devra déposer les armes le 29.
Les bataillons 1 et 2 gagnent Haubourdin : c’est dans cette ville et jusqu’au soir du 31 mai que le 14e, dans un combat de rues à parfois un contre vingt, durant trois jours et trois nuits, ne recule que pied à pied infligeant de lourdes pertes à l’ennemi et arrivant même à détruire plusieurs chars d’un certain Rommel.
À la suite de plusieurs demandes de l’ennemi d’obtenir la reddition du 14e, ce dernier cessera le combat le 31 au soir. Les Allemands accorderont les honneurs de la guerre, qui seront effectifs le lendemain, 1er juin, lors d’un défilé en armes de 30 soldats représentatifs du 14e, conduits par un lieutenant adjoint du chef d’état-major du premier bataillon. Dès la fin de la journée, ce glorieux régiment, ou du moins ce qu’il en restait, partait vers la captivité. »
* Avec l’autorisation de publication de sa fille

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